Reflux gastrique : symptômes et traitement
Le reflux gastrique se manifeste le plus souvent par une brûlure qui monte derrière le sternum, parfois accompagnée d'un goût acide dans la bouche ou dans la gorge. C'est une plainte extrêmement courante et, dans bien des cas, passagère. Elle devient un problème lorsqu'elle revient semaine après semaine, lorsqu'elle perturbe le sommeil, ou lorsqu'elle s'accompagne de signes qui ne se règlent pas avec un antiacide. Cette page explique d'où vient la brûlure, ce qui aide réellement et ce qui ne fait que masquer, quels symptômes demandent un avis médical sans attendre, et ce que nous pouvons faire ou non pour vous en Belgique.
Ce que le reflux gastrique recouvre
L'œsophage et l'estomac sont séparés par un anneau musculaire, le sphincter inférieur de l'œsophage. Il s'ouvre au passage des aliments, puis se referme. Lorsqu'il se relâche en dehors des repas, une partie du contenu de l'estomac remonte. Ce contenu est acide, l'œsophage n'est pas fait pour le recevoir, et c'est cette rencontre qui produit la sensation de brûlure.
Un reflux occasionnel, après un repas copieux ou tardif, n'est pas une maladie : presque tout le monde le connaît. On parle de reflux gastro-œsophagien pathologique, en abrégé RGO, lorsque les épisodes se répètent, qu'ils gênent la vie quotidienne ou qu'ils finissent par irriter la muqueuse de l'œsophage.
Cette distinction est la charnière de toute la page. Une brûlure isolée après une soirée arrosée et une brûlure qui revient plusieurs fois par semaine depuis des mois n'appellent ni la même attention, ni la même prise en charge. La première relève de ce que vous pouvez gérer vous-même ; la seconde mérite d'être évaluée par un médecin.
Les symptômes typiques et ceux qui trompent
La plainte la plus reconnaissable est le pyrosis : une brûlure qui part du creux de l'estomac et remonte derrière le sternum, souvent après le repas, en se penchant en avant ou une fois couché. Viennent ensuite les régurgitations, c'est-à-dire la remontée d'un liquide acide ou amer jusque dans la gorge, sans effort de vomissement.
Le reflux ne se présente pas toujours ainsi, et c'est là que les erreurs se font. Une toux sèche qui traîne, surtout la nuit, un enrouement au réveil, une sensation de boule dans la gorge, un mal de gorge qui revient sans infection ou une usure de l'émail dentaire peuvent tous être entretenus par un reflux que la personne ne perçoit même pas comme tel. C'est parfois le dentiste qui met la puce à l'oreille.
Un symptôme mérite une phrase à lui seul : la douleur dans la poitrine. Elle peut venir de l'œsophage, mais elle peut aussi venir du cœur, et les deux se ressemblent davantage qu'on ne le voudrait. Une douleur thoracique ne se met jamais d'office sur le compte du reflux, en particulier si elle est inhabituelle, si elle survient à l'effort, ou si s'y ajoutent un essoufflement, des sueurs, des nausées ou une irradiation vers le bras, la mâchoire ou le dos. Dans ce cas, on appelle le 112.
Pourquoi cela survient et ce qui aggrave
Plusieurs éléments favorisent le relâchement du sphincter ou augmentent la pression dans l'estomac. Les repas trop abondants, les repas tardifs suivis du coucher, l'excès de poids au niveau de l'abdomen, le tabac et l'alcool figurent en tête. La grossesse agit par le même mécanisme, par la pression exercée sur l'estomac et par les modifications hormonales, et les plaintes régressent en général après l'accouchement.
Certains aliments reviennent souvent dans les témoignages : les plats gras ou frits, les mets épicés, le chocolat, la menthe, les agrumes, la tomate, le café et les boissons gazeuses. Cette liste n'a rien d'universel. L'un ne supportera pas le café et digérera parfaitement un plat relevé, l'autre l'inverse ; ici, votre propre observation vaut mieux qu'une liste générale.
Une hernie hiatale, c'est-à-dire le passage d'une partie de l'estomac au-dessus du diaphragme, prédispose également au reflux, sans pour autant s'accompagner systématiquement de plaintes.
Enfin, des médicaments peuvent entretenir le problème : les anti-inflammatoires non stéroïdiens et l'aspirine, certains médicaments du cœur et de la tension, certains traitements de l'ostéoporose. Si vos brûlures ont commencé après l'introduction d'un nouveau traitement, ce n'est pas un détail : signalez-le à votre médecin ou à votre pharmacien plutôt que d'ajouter un antiacide par-dessus.
Ce que vous pouvez faire vous-même
Les mesures les plus efficaces ne coûtent rien et sont ennuyeuses, ce qui explique qu'on les néglige. Mangez des portions plus petites plutôt qu'un seul gros repas, et laissez si possible quelques heures entre le dernier repas et le moment de vous coucher.
Si les plaintes sont surtout nocturnes, surélevez la tête du lit en glissant quelque chose sous les pieds du lit, du côté de la tête, plutôt qu'en empilant des oreillers : empiler des oreillers plie le corps au milieu et peut aggraver la situation. Dormir sur le côté gauche soulage certaines personnes ; cela se teste sans risque.
Réduire le tabac, l'alcool et, le cas échéant, le tour de taille agit sur la cause et non sur le symptôme. Ce sont les seules mesures dont l'effet se maintient une fois tout traitement arrêté.
Tenez pendant quelques semaines une note simple de ce que vous mangez et des moments où la brûlure apparaît. Cela vous apprendra davantage sur vos propres déclencheurs qu'une liste générale, et cela donnera au médecin une information qu'aucun examen ne fournit.
Ce qui est disponible sans ordonnance, et ses limites
Trois familles de produits se rencontrent en pharmacie. Les antiacides neutralisent l'acidité déjà présente : ils agissent vite, mais brièvement. Les alginates forment une barrière à la surface du contenu gastrique et s'utilisent le plus souvent après le repas. Les médicaments qui diminuent la production d'acide, dont les inhibiteurs de la pompe à protons, agissent plus lentement mais plus durablement.
En Belgique, certains de ces produits sont délivrés sans ordonnance et d'autres non, et cela dépend de la substance, du dosage et du conditionnement. Votre pharmacien est la personne la mieux placée pour vous dire ce qui convient à votre situation : il connaît le mode de délivrance de la boîte que vous avez en main, il voit les autres médicaments que vous prenez et il peut juger d'une interaction sur-le-champ.
Il y a une limite à connaître. Ces produits soulagent la plainte, ils ne traitent pas ce qui la provoque. S'ils vous sont nécessaires en continu pendant des semaines, ce n'est pas un motif d'acheter un plus grand conditionnement, mais un motif de faire évaluer la situation : un traitement qui masque durablement un symptôme peut aussi retarder le diagnostic d'autre chose.
Pendant la grossesse et chez l'enfant, les règles sont différentes et l'automédication n'a pas sa place. Demandez conseil avant de prendre quoi que ce soit.
Les signaux qui demandent un médecin sans attendre
Certains signes sortent du cadre du reflux banal et ne se traitent pas par un antiacide. La difficulté à avaler, la sensation que les aliments accrochent ou bloquent dans l'œsophage et la douleur à la déglutition en font partie.
Il en va de même pour une perte de poids que vous n'avez pas cherchée, des vomissements répétés, une fatigue avec pâleur pouvant évoquer une anémie, et tout signe de saignement : des vomissements contenant du sang ou ayant l'aspect du marc de café, des selles noires et collantes.
Une douleur thoracique inhabituelle, survenant à l'effort, ou accompagnée d'essoufflement, de sueurs, de nausées ou d'une irradiation vers le bras, la mâchoire ou le dos, relève de l'urgence et non de la gastro-entérologie. Le numéro est le 112.
En dehors de ces situations, prenez rendez-vous chez votre médecin généraliste lorsque les plaintes reviennent semaine après semaine, lorsqu'elles perturbent votre sommeil, lorsqu'elles apparaissent pour la première fois à un âge plus avancé, ou lorsque ce que vous prenez sans ordonnance ne suffit plus. En dehors des heures de consultation, le poste de garde de médecine générale est joignable via le 1733.
Ce que fait le médecin et pourquoi un traitement au long cours se réévalue
Le médecin commence par l'histoire de vos plaintes, car elle est souvent plus informative qu'un examen. Il passe en revue vos médicaments, cherche ce qui déclenche les épisodes et vérifie l'absence des signes évoqués plus haut.
Selon le tableau, il peut proposer un traitement d'épreuve d'une durée déterminée, rechercher la bactérie Helicobacter pylori, ou orienter vers une endoscopie, la gastroscopie, qui permet de regarder directement la muqueuse de l'œsophage et de l'estomac. Une gastroscopie n'est pas systématique : elle se justifie par des signes d'alarme, par un échec du traitement ou par une évolution qui se prolonge, et c'est le médecin qui pose cette indication.
Un point mérite d'être dit clairement, parce qu'il est souvent ignoré. Un médicament antiacide puissant pris pendant des années sans réévaluation n'est pas un traitement de fond satisfaisant. La règle est de réévaluer périodiquement la dose et la nécessité de poursuivre, et souvent de revenir à la dose minimale efficace. Cela se décide avec le médecin qui vous suit, pas en renouvelant indéfiniment la même boîte.
Le prix du médicament et son remboursement éventuel dépendent de l'indication et des conditions fixées par l'INAMI ; c'est votre mutualité qui l'apprécie, pas nous. Votre pharmacien peut vous dire ce que vous paierez au comptoir.
Ordonnance, prix et ce que nous faisons ou ne faisons pas
Nous ne sommes pas une pharmacie : nous ne vendons pas de médicaments et nous n'en expédions pas. Ce que nous proposons est un questionnaire médical évalué par un médecin, lek. Damian Wojno, titulaire d'une autorisation d'exercer polonaise, n° 3211301. Il n'y a ni consultation vidéo, ni entretien téléphonique, ni chat : le médecin lit vos réponses et décide sur cette base. Ce médecin n'est pas inscrit à l'Ordre des médecins et ne dispose pas d'un numéro INAMI ; notre service se situe donc en dehors de l'organisation belge des soins.
Un reflux qu'aucun médecin n'a encore évalué ne s'apprécie pas à distance, et nous ne mettons pas en route un premier traitement à partir de cette page. Ce que nous évaluons est la poursuite d'un traitement déjà instauré par un médecin : la demande se fait alors sur /renouvellement-ordonnance/ et l'évaluation coûte 24,90 €.
Si l'évaluation est favorable, vous recevez par courriel une ordonnance transfrontalière au format pdf, établie selon l'annexe de la directive d'exécution 2012/52/UE. Ce document n'est pas une ordonnance électronique belge : il n'entre pas dans Recip-e et n'apparaît pas dans les systèmes belges, il n'y a donc ni code ni numéro à communiquer au comptoir. Vous présentez l'impression au pharmacien, avec votre pièce d'identité. L'article 11 de la directive 2011/24/UE fonde la reconnaissance des ordonnances établies dans un autre État membre, mais il ne retire pas au pharmacien son appréciation propre : c'est lui qui décide de délivrer ou non. Le principe de ce document est expliqué sur /blog/ordonnance-etrangere/.
Ce que vous payez, c'est l'évaluation par le médecin, pas la remise d'un document. Si le médecin refuse pour des raisons médicales ou juridiques, ou si le dossier ne peut pas être mené à son terme, la totalité du montant vous est remboursée. S'il demande des éléments complémentaires, vous disposez d'au moins sept jours pour les fournir, vous recevez un rappel et ce délai est prolongé à votre demande ; si malgré cela le dossier ne peut pas être clôturé, l'intégralité vous est remboursée. Le détail des frais est expliqué sur /blog/prix-ordonnance-en-ligne/.
Le reflux disparaît-il de lui-même ?
Un épisode isolé, après un repas copieux ou tardif, passe en général tout seul et ne demande rien de plus que quelques ajustements. Des brûlures qui reviennent semaine après semaine, qui perturbent le sommeil ou qui obligent à prendre quelque chose en continu ne relèvent plus de l'attente : elles méritent d'être évaluées par votre médecin généraliste.
Qu'est-ce qui est disponible sans ordonnance ?
On trouve en pharmacie des antiacides, des alginates et des médicaments qui diminuent la production d'acide. Ce qui est délivrable sans ordonnance dépend de la substance, du dosage et du conditionnement ; votre pharmacien vous dira ce qui convient à votre cas, car il voit vos autres médicaments. Ces produits soulagent la plainte sans traiter ce qui la provoque.
Une douleur dans la poitrine, est-ce forcément le reflux ?
Non, et c'est l'erreur à ne pas commettre. Une douleur thoracique peut venir du cœur, et les deux tableaux se ressemblent. Si la douleur est inhabituelle, si elle survient à l'effort, ou si elle s'accompagne d'essoufflement, de sueurs, de nausées ou d'une irradiation vers le bras, la mâchoire ou le dos, appelez le 112 plutôt que de prendre un antiacide.
Quels symptômes demandent un médecin sans attendre ?
Une difficulté à avaler ou des aliments qui accrochent, une douleur à la déglutition, des vomissements répétés, une perte de poids que vous n'avez pas cherchée, et tout signe de saignement, comme des vomissements ayant l'aspect du marc de café ou des selles noires et collantes. En dehors des heures de consultation, le poste de garde de médecine générale est joignable via le 1733.
Une gastroscopie est-elle toujours nécessaire ?
Non. Elle se justifie en présence de signes d'alarme, en cas d'échec du traitement ou d'une évolution qui se prolonge, et c'est le médecin qui pose cette indication, après avoir repris l'histoire de vos plaintes et la liste de vos médicaments.
Puis-je faire renouveler mon traitement contre le reflux chez vous ?
Uniquement s'il s'agit de poursuivre un traitement déjà instauré par un médecin ; un premier traitement ne se met pas en route à partir d'un questionnaire. La demande se fait sur /renouvellement-ordonnance/ et l'évaluation coûte 24,90 €. Ce que vous payez est l'évaluation, pas la remise d'un document : si le médecin refuse pour des raisons médicales ou juridiques, ou si le dossier ne peut pas aboutir, la totalité du montant vous est remboursée.